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Dépression et anxiété

Tous les antidépresseurs sont soumis à ordonnance en France. Cette page explique comment agissent les ISRS, les IRSN et la mirtazapine, en combien de temps un effet apparaît, pourquoi un arrêt brutal se paie, et quelles familles de médicaments nous ne pouvons évaluer en aucun cas.

Ce que nous n'évaluons pas, et pourquoi

Une limite doit être posée d'emblée. Nous n'évaluons aucune demande portant sur les benzodiazépines, comme l'alprazolam, le bromazépam, le diazépam, le lorazépam ou l'oxazépam, sur les hypnotiques dits médicaments Z comme le zolpidem et la zopiclone, sur les psychostimulants, sur les opioïdes, sur le cannabis à usage médical, ni sur les gabapentinoïdes que sont la prégabaline et la gabapentine. Les substances classées comme stupéfiants ou psychotropes sont exclues de la voie transfrontalière par l'article 11, paragraphe 6 de la directive 2011/24/UE. Nous étendons volontairement cette exclusion aux gabapentinoïdes, en raison de leur potentiel de mésusage et de dépendance, même lorsque la réglementation ne les vise pas explicitement. Aucun formulaire de notre site ne permet de demander ces traitements. Ils relèvent d'un suivi en présentiel, avec un professionnel qui vous connaît et vous revoit.

Comment agissent les ISRS, les IRSN et la mirtazapine

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou ISRS, augmentent la disponibilité de la sérotonine dans la fente synaptique : sertraline, escitalopram, citalopram, fluoxétine, paroxétine. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, ou IRSN, comme la venlafaxine et la duloxétine, agissent sur deux systèmes. La mirtazapine suit une autre voie et se distingue par un effet sédatif marqué et une prise de poids fréquente, ce qui la rend parfois utile en cas d'insomnie associée. Aucune de ces molécules n'est supérieure aux autres dans l'absolu ; le choix se fait sur le profil d'effets indésirables, les pathologies associées, les interactions et, souvent, sur ce qui a déjà fonctionné pour vous. Ce sont des traitements de fond, et non des médicaments à prendre au moment où l'on se sent mal.

Combien de temps avant de ressentir un effet

Il faut généralement de deux à six semaines à dose efficace pour observer un bénéfice net sur l'humeur, alors que les effets indésirables, eux, apparaissent souvent dès les premiers jours. Ce décalage est la cause la plus fréquente d'arrêt prématuré, et il mérite d'être connu avant de commencer. Le sommeil et l'appétit s'améliorent parfois avant l'humeur, et l'entourage remarque le changement avant la personne concernée. Une période de vigilance particulière existe au début du traitement et à chaque modification de dose, notamment avant vingt-cinq ans : l'anxiété et, rarement, les idées suicidaires peuvent transitoirement s'intensifier. Dans cette phase, un entourage prévenu et un contact rapide avec le médecin sont plus utiles qu'un ajustement de dose décidé seul. Si rien ne bouge après plusieurs semaines à posologie adaptée, c'est la stratégie qu'il faut revoir avec un médecin.

Effets indésirables les plus fréquents

Les premiers jours s'accompagnent souvent de nausées, de troubles du transit, de maux de tête, d'une nervosité ou d'une somnolence, et d'un sommeil perturbé ; ces effets s'atténuent le plus souvent. Les troubles sexuels, baisse du désir et retard de l'orgasme, sont fréquents avec les ISRS et les IRSN, persistent davantage et se discutent franchement plutôt que de motiver un arrêt silencieux. Les variations de poids dépendent de la molécule : la mirtazapine fait souvent prendre du poids, les autres ont un effet plus variable. Une hyponatrémie est possible, en particulier chez les personnes âgées ou traitées par diurétique. Enfin, l'association de plusieurs traitements sérotoninergiques, y compris certains antimigraineux, certains antalgiques et le millepertuis, expose à un syndrome sérotoninergique : agitation, tremblements, fièvre, confusion, qui impose un appel au 15.

Pourquoi il ne faut pas arrêter brutalement

Un antidépresseur ne crée pas de dépendance au sens des substances qui poussent à augmenter les doses et à en rechercher l'effet. En revanche, l'organisme s'adapte à sa présence, et un arrêt brutal provoque fréquemment un syndrome de sevrage : sensations de décharge électrique, vertiges, nausées, irritabilité, troubles du sommeil, symptômes pseudo-grippaux. Ces manifestations sont désagréables mais transitoires, et elles sont d'autant plus marquées que la demi-vie de la molécule est courte, la paroxétine et la venlafaxine étant particulièrement concernées. La solution est une diminution progressive, étalée sur plusieurs semaines et parfois davantage après un traitement long, conduite avec le médecin. Il ne faut pas confondre ce sevrage avec une rechute : le sevrage débute rapidement après la baisse et s'estompe, la rechute apparaît plus tard et s'installe.

Anxiété : ce qui est proposé en première intention

Dans les troubles anxieux caractérisés, la psychothérapie structurée, en particulier les thérapies cognitives et comportementales, est recommandée en première intention, seule ou associée à un traitement médicamenteux selon l'intensité. Lorsqu'un médicament est indiqué, ce sont des ISRS ou des IRSN qui sont utilisés au long cours, et non les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines : ces derniers n'ont leur place que sur des durées brèves, encadrées, décidées par un médecin qui vous suit, et nous ne les évaluons pas. Le délai d'action est le même que dans la dépression, et l'anxiété peut augmenter les premiers jours, ce qui justifie une montée de dose lente. L'hygiène de vie n'est pas un accessoire : sommeil régulier, activité physique, réduction de la caféine et de l'alcool modifient réellement le niveau d'anxiété.

Situations d'urgence : qui appeler

Certaines situations ne relèvent d'aucune évaluation à distance et doivent conduire à demander de l'aide immédiatement : idées suicidaires, plan précis, sentiment de perte de contrôle, agitation majeure, confusion, ou aggravation brutale de l'état après un changement de traitement. En France, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible à toute heure, aussi bien pour la personne concernée que pour un proche inquiet. Le 15 et le 112 restent les numéros d'urgence médicale. Si vous êtes auprès de quelqu'un en danger immédiat, restez avec lui et appelez. Notre service, qui fonctionne par écrit et sans échange en direct, n'est pas adapté à ces situations : il ne faut pas attendre une réponse de notre part lorsque le temps compte.

Renouvellement d'un traitement déjà en cours

Nous n'initions aucun traitement antidépresseur : notre évaluation porte sur la continuité d'un traitement déjà instauré par un médecin, stabilisé et bien toléré, lorsque l'ordonnance arrive à son terme. Le questionnaire demande la molécule exacte, la posologie, la date de mise en route, le professionnel qui l'a instauré, les traitements associés et l'évolution des symptômes. Une aggravation, des idées suicidaires, une grossesse, un changement de dose souhaité ou un antécédent de trouble bipolaire conduisent à un refus et à une orientation vers un suivi en présentiel. Une telle demande relève du renouvellement d'ordonnance, facturé 24,90 €, une option de traitement prioritaire du dossier coûtant 9,90 € de plus. Cette somme rémunère l'examen du dossier par le médecin, non la délivrance d'un document, et elle n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie. Elle est restituée si le médecin refuse pour un motif médical ; elle ne l'est pas lorsque les documents demandés ne sont pas transmis.

Auteur et vérification médicale

Contenu rédigé par la rédaction MEDINOW Sp. z o.o. et vérifié sur le plan médical par lek. Damian Wojno, médecin inscrit en Pologne, numéro PWZ 3211301. Vérification médicale : 2026-08-29. MEDINOW n'est ni un vendeur de médicaments ni une pharmacie, et ne propose aucune téléconsultation : ni vidéo, ni téléphone, ni messagerie en direct. L'évaluation repose sur un questionnaire médical détaillé et sur les documents transmis puis, lorsqu'elle est favorable, sur la remise d'un document au format PDF conforme à l'annexe de la directive 2012/52/UE, à présenter dans n'importe quelle pharmacie avec une pièce d'identité. La somme versée rémunère la consultation médicale et non la délivrance d'un document : elle est restituée en cas de refus pour un motif médical, mais elle ne l'est pas lorsque les pièces demandées par le médecin ne sont pas transmises, la consultation ayant alors bien eu lieu. Ces informations sont destinées à l'information du public, ne constituent pas un avis personnalisé et ne remplacent pas un examen clinique. En cas de doute ou d'aggravation, consultez un médecin ; en cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.

Combien de temps avant que ça agisse ?

Comptez généralement de deux à six semaines à dose efficace pour un effet net sur l'humeur, alors que les effets indésirables apparaissent dès les premiers jours. Le sommeil et l'appétit s'améliorent parfois plus tôt. Si rien n'évolue après plusieurs semaines, la stratégie se revoit avec un médecin.

Puis-je renouveler en ligne ?

Oui pour un antidépresseur déjà instauré, stabilisé et bien toléré, après examen du questionnaire et des documents. Non pour une première mise en route, et non pour les benzodiazépines, les hypnotiques de type Z, la prégabaline et la gabapentine, que nous n'évaluons dans aucun cas.

Peut-on arrêter brutalement ?

Non. Un arrêt brusque provoque souvent un syndrome de sevrage : vertiges, sensations de décharge électrique, nausées, irritabilité, troubles du sommeil. La diminution se fait progressivement, sur plusieurs semaines, avec le médecin, et d'autant plus lentement que le traitement a été long.

Est-ce que ça rend dépendant ?

Les antidépresseurs ne provoquent pas de dépendance au sens d'une recherche compulsive et d'une escalade des doses. Ils entraînent une adaptation de l'organisme, qui explique le syndrome de sevrage à l'arrêt. Ce risque de dépendance existe en revanche avec les benzodiazépines, que nous n'évaluons pas.

Est-ce que ça fait grossir ?

Cela dépend de la molécule. La mirtazapine augmente souvent l'appétit et le poids. Avec les ISRS et les IRSN, l'effet est plus variable et modeste, parfois une légère baisse au début puis une reprise. Un suivi du poids fait partie du suivi normal.